Les fondations sont essentielles!
15 Septembre, 2026 | Auteur: Christian McCay | Le volume: 33 Le numéro: 36
Le Parti Conservateur de la Colombie-Britannique — qui forme l’opposition officielle de la province — traverse actuellement une profonde tourmente, plusieurs députés quittant le parti pour siéger comme indépendants. Cette scission, qui se déroule sous nos yeux, devrait amener les chrétiens à réfléchir sérieusement à la question des coalitions pragmatiques. Depuis les dernières élections provinciales, le groupe parlementaire conservateur de la Colombie-Britannique a perdu 16 députés en exercice. En 2024, le Parti conservateur — après une fusion délicate avec l’ancien Parti libéral de la Colombie-Britannique — avait fait élire 44 députés, manquant de peu la majorité absolue ; il n’en compte plus que 28 aujourd’hui.
Les défections récentes — dont certaines s’accompagnent de l’annonce de la création d’un « nouveau » parti — ont indéniablement compromis l’élan qui accompagne habituellement l’élection d’un nouveau chef. Kerry-Lynne Findlay a été élue par les membres du parti le 30 mai 2026, recueillant 51 % des suffrages. Il va sans dire que les députés qui ont quitté le parti ne comptent pas parmi ses partisans. Au-delà des divergences d’opinion individuelles, cette fracture persistante met en lumière la difficulté de rassembler, sous une même bannière politique, des personnes aux convictions fondamentalement différentes.
J’ai fait des allers-retours au sein du Parti Conservateur de la Colombie-Britannique et, au fil de nombreuses années d’engagement, j’ai été témoin direct des dysfonctionnements, des divisions, du découragement et des luttes intestines qui peuvent gangrener l’organisation, de la base jusqu’aux échelons supérieurs. J’ai également vu des voix guidées par des principes — la mienne y compris, à maintes reprises — ainsi que des vérités dérangeantes être rejetées ou écartées dès lors qu’elles devenaient politiquement inopportunes. J’aimerais que davantage de personnes puissent tirer les mêmes enseignements que moi de ces expériences répétées, car beaucoup d’autres, au sein du parti comme à l’extérieur, se heurtent aujourd’hui à ces mêmes réalités. Après avoir placé leurs espoirs dans une recomposition politique ou dans une nouvelle voix porteuse d’espoir, ils se retrouvent, une fois de plus, déçus, désabusés et en quête de quelque chose de plus solide.
Nous avons déjà connu ce cycle. Les mouvements politiques se divisent, des membres partent, de nouvelles alliances se nouent et une nouvelle tentative est faite pour s’unir autour d’un objectif politique commun.
À quoi bon reconstruire sans cesse des coalitions politiques sur les mêmes bases instables ? Pourquoi s’attendre à un résultat différent ? Ne s’agit-il pas tout simplement de répéter la même erreur?
La réponse à une coalition politique fracturée ne consiste pas simplement à en former une autre. La question de fond est de savoir s’il existe un socle durable sur lequel bâtir une véritable unité politique. Le pragmatisme politique est une réalité. Les partis cherchent à remporter des élections, à séduire les électeurs, à maintenir la cohésion des coalitions et à former un gouvernement. Les dirigeants subissent des pressions émanant de leurs propres partis ainsi que des sondages, des médias, des groupes de pression, des donateurs, des militants, des conseillers et d’une opinion publique en constante évolution. À terme, la question semble passer de « Qu’est-ce qui est vrai et juste ? » à « Que pouvons-nous dire, quelles mesures pouvons-nous faire adopter et pour quoi les gens voteront-ils ? »
Il existe des chrétiens sincères et des personnes attachées à leurs principes au sein des partis politiques traditionnels — tant au niveau fédéral que provincial — et nous devrions soutenir ceux qui sont prêts à défendre courageusement la vérité. Toutefois, la présence de bons chrétiens au sein d’une structure politique ne modifie pas le fondement sur lequel celle-ci repose. Lorsque les convictions bibliques se heurtent aux compromis politiques, les limites de cette structure séculière deviennent bien réelles.
C’est pourquoi notre fondement est essentiel. Le Parti de l’Héritage Chrétien fonde sa raison d’être et son existence sur le socle immuable de la vérité biblique et sur la reconnaissance du Christ comme notre Législateur et source de vérité. La vérité biblique n’a pas vocation à n’être qu’une influence parmi d’autres en concurrence. Elle constitue le fondement sur lequel reposent nos principes et dont doivent découler nos politiques. Les stratégies peuvent évoluer. Les circonstances peuvent changer. La mise en œuvre des politiques peut exiger de la sagesse. Toutefois, ce fondement ne saurait être modifié dans le seul but de recueillir davantage de suffrages. Renoncer à notre fondement biblique reviendrait à anéantir notre raison d’être en tant que parti.
Il est vrai que le fait de rester fermement attachés à nos fondements a dissuadé certains citoyens pragmatiques de nous rejoindre, et c’est regrettable. Mais heureusement, notre espérance ne repose ni sur le PHC ni sur la popularité politique. Notre espérance est en Jésus-Christ.
Le Christ a établi son *ekklesia* (son Église, son peuple rassemblé) pour être sel et lumière dans un monde déchu. Ceux qui servent le Christ ne peuvent se contenter de qualifier la politique de « profane » pour s’en servir comme prétexte à se soustraire aux responsabilités que les Écritures nous confient clairement. La politique est le moyen par lequel les lois sont élaborées, les gouvernements élus, les personnes vulnérables protégées ou délaissées, et la justice rendue ou bafouée. Toutefois, la politique en elle-même ne constitue pas le but du chrétien.
Notre vocation est de rechercher la justice et la droiture, de défendre le bien, de contenir le mal, de prendre soin des personnes vulnérables, de soutenir la vérité et d’apporter l’espérance et l’amour du Christ dans toutes les sphères de la société. L’engagement politique constitue un domaine important où cette vocation doit se concrétiser.
Lorsque des chrétiens prennent position pour la vérité biblique au prix de sacrifices, le Corps du Christ les soutiendra-t-il, ou bien les Églises et les croyants resteront-ils silencieux et indifférents parce que la politique est devenue un sujet délicat ? On ne peut attendre des chrétiens qu’ils défendent ces convictions au sein des instances gouvernementales tout en les laissant sans soutien lorsque leur fidélité implique un coût politique.
Nous ne devrions pas non plus envoyer sans cesse des croyants au sein de structures politiques bâties sur un autre fondement, en supposant que les chrétiens, à eux seuls, puissent rétablir des politiques fondées sur la Bible. Il est peut-être temps de soutenir les institutions politiques où ce fondement biblique est déjà établi?
Le PHC offre un véhicule politique permettant de défendre les principes bibliques plutôt que de les sacrifier à l’opportunisme politique. Il permet de préserver une voix prophétique, même lorsque la vérité est impopulaire, et d’accueillir les chrétiens prêts à privilégier les principes au pragmatisme.
La vérité ne devient pas vraie simplement parce qu’un nombre suffisant de personnes votent pour elle. Le Christ est notre espérance. La vérité biblique est notre fondement. En tant que chrétiens, nous devons être prêts à porter la droiture, la justice, la vérité et l’amour du Christ au sein de la société. Et lorsque notre vocation nous conduit vers la sphère politique, nous devons bâtir, soutenir et appuyer une voix politique qui refuse de renier ses fondements dans le seul but d’accéder au pouvoir.
Note de la rédaction : Christian McCay est l’actuel chef du PHC-CB, la branche provinciale du Parti de l’Héritage Chrétien en Colombie-Britannique.
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