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Caméléons politiques 2026

18 Août, 2026   |   Auteur: Rod Taylor   |   Le volume: 33    Le numéro: 32  
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Rod TaylorAu cours des six derniers mois, nous avons assisté à plusieurs défections surprenantes de députés du Parti Conservateur du Canada. Dans certains cas, les nouveaux députés libéraux ont commencé à exprimer des opinions totalement différentes de celles qu’ils affirmaient être leurs convictions profondes peu de temps auparavant. L’exemple le plus frappant est celui de la députée Marilyn Gladu, qui se disait autrefois pro-vie et qui avait même exprimé son indignation face aux changements de camp de certains députés. Puis, elle a elle-même changé de camp. Elle siège désormais sous l’œil attentif du Premier Ministre Mark Carney et parle couramment le jargon libéral.

On observe le même phénomène en Colombie-Britannique, où le député Peter Milobar a récemment annoncé qu’il quittait le caucus conservateur de la province en raison de ce qu’il qualifie de « négationnisme concernant les pensionnats autochtones. » Il siège maintenant comme indépendant. Sans même aborder la question cruciale de ce prétendu « négationnisme » et de sa signification, on peut se demander pourquoi M. Milobar a été élu conservateur de la Colombie-Britannique. Ignorait-il les préoccupations suscitées par la controverse des « tombes anonymes » du pensionnat de Kamloops ?

En réalité, M. Milobar est devenu député conservateur de la Colombie-Britannique non par conviction profonde, mais par pur opportunisme politique. Il avait été initialement élu sous l’étiquette libérale de la Colombie-Britannique, un parti longtemps considéré comme l’équivalent philosophique du Parti Conservateur Fédéral du Canada. Bien sûr, au sein du PHC, nous avons depuis longtemps remis en question le caractère « conservateur » du Parti Conservateur Fédéral. Malgré la présence de nombreux membres intègres et de quelques députés très nobles et de principes, le Parti Conservateur Fédéral est néanmoins devenu un parti qui a toléré – et dans bien des cas adopté – les politiques des élites progressistes canadiennes. Son chef, Pierre Poilievre, s’est déclaré favorable à l’avortement (sous l’euphémisme de « pro-choix ») et partisan du mariage homosexuel. Le fait que de nombreux militants de base du Parti Conservateur du Canada ne partagent pas ces opinions n’a pas empêché la majorité d’entre eux de le choisir comme chef en 2022. C’est une stratégie complexe et déroutante… mais le compromis et le pragmatisme sont devenus la norme pour beaucoup de ceux qui aspirent au pouvoir.

Revenons à la Colombie-Britannique et au député Peter Milobar : M. Milobar a repris l’image et les arguments des conservateurs de la Colombie-Britannique lors des dernières élections provinciales, lorsque le Parti Uni de la Colombie-Britannique (anciennement le Parti Libéral de la Colombie-Britannique), rebaptisé et en difficulté, a fusionné avec les conservateurs de la Colombie-Britannique dans une tentative infructueuse de remporter la majorité. Ils savaient pertinemment – ​​tout comme le chef des conservateurs de la Colombie-Britannique de l’époque, John Rustad – qu’ils ne pourraient pas déloger le NPD avec deux grands partis de centre-droit. Bien sûr, ils ont mal évalué l’électorat de la Colombie-Britannique, qui a continué de voter pour maintenir les néo-démocrates socialistes. Autrement dit, la fusion censée rétablir la rigueur budgétaire et une gouvernance responsable a échoué. La fusion, censée engendrer une victoire politique, n’a fait que rendre méfiants les anciens adversaires alliés.

Il est important de noter que la fusion de deux partis n’implique pas nécessairement une convergence des principes et des opinions. Les luttes intestines au sein du caucus conservateur de la Colombie-Britannique ont été nombreuses depuis les résultats décevants des élections de 2024. C’était d’ailleurs assez prévisible, même au moment de la fusion. Un nouveau parti, OneBC, a même vu le jour. La députée Dallas Brodie siège désormais à l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique en tant que chef de ce parti ; elle avait été exclue du caucus conservateur en raison de ses prises de position tranchées sur la controverse de Kamloops, et deux autres députés, Tara Armstrong et Jordan Kealy, avaient quitté le caucus à ce moment-là et siègent maintenant comme indépendants. Un autre député conservateur, Hon Chan, a quitté le caucus après avoir été accusé de voies de fait. La nouvelle chef des conservateurs de la Colombie-Britannique, Kerry-Lynne Findlay, travaille d’arrache-pied pour remobiliser les troupes, aplanir les différends et rétablir un sentiment d’unité et une direction commune.

La plupart des gens sont attirés par un parti ou un mouvement dont les valeurs sont similaires aux leurs. Si de nombreux militants de tous bords sont prêts à faire des concessions et à tolérer certaines politiques avec lesquelles ils ne sont pas entièrement d’accord, leur enthousiasme s’estompe lorsque les divergences politiques se creusent et que leurs valeurs fondamentales sont menacées.

On dit qu’on ne change pas les taches d’un léopard… mais les gens peuvent changer d’avis, et ils le font souvent. Ces changements peuvent être positifs ou négatifs, selon leurs motivations. Certains, comme nos fidèles et engagés membres du PHC, s’en tiennent à leurs principes et refusent tout compromis. D’autres, qui fondent leurs décisions sur l’évolution de l’opinion publique, les préjugés des médias, la perspective d’être élus ou la crainte d’être stigmatisés et attaqués par les militants « woke, » les défenseurs de la diversité, de l’équité et de l’inclusion, ou encore la culture de l’annulation, sont prêts à adopter de nouvelles normes. Ils s’adaptent pour ne pas être rejetés. Ces idées s’accordent bien avec cette citation attribuée à l’humoriste Grouch Marx : « Voilà mes principes, et si vous ne les aimez pas… eh bien, j’en ai d’autres… »

En matière de partis politiques et de politiques qu’ils défendent, les Canadiens feraient bien de réfléchir attentivement aux politiques qu’ils sont prêts à soutenir avec enthousiasme, non pas en fonction de la probabilité qu’un parti particulier forme le gouvernement, mais en fonction des valeurs morales qu’il représente. Une maison divisée contre elle-même ne peut subsister. Les politiques devraient refléter des valeurs éternelles. Les manœuvres à court terme et éphémères s’estomperont. Les politiciens qui adoptent certaines causes à la mode peuvent déformer la vérité à des fins politiques, mais ne laisseront pas d’héritage durable.

En politique, comme dans tous les aspects de la vie, il serait bon de se souvenir de ces vers du poème du missionnaire C. T. Studd :

« Une seule vie, elle passera bientôt, seul ce qui est fait pour le Christ durera… »

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