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Le scandale UNIS met en évidence l’incohérence éthique du PM

mar. juillet 28, 2020 | Auteure: Rod Taylor   |   Le volume: 27    Le numéro: 30

Il y a des limites à la crédulité publique et à la tolérance pour un comportement manifestement imprudent avec les fonds publics. La tentative infructueuse du premier ministre Trudeau de canaliser 43,5 millions de dollars de l’argent des contribuables vers ses amis de l’organisme UNIS a dépassé ces limites. Les optiques étaient mauvaises. Les montants étaient stupéfiants. Les mensonges prononcés pour le couvrir étaient épouvantables.

Ce n’était pas simplement une erreur de jugement du Premier Ministre. Il s’agissait d’une campagne visant à détourner les fonds publics vers des soins partisans en coulisses. L’idée de passer près d’un milliard de dollars (912 millions de dollars, pour être exact) entre les mains d’un organisme de bienfaisance lié à la marque libérale soulève des questions à première vue. Les enquêteurs ont également découvert que le contrat avorté pour administrer 912 millions de dollars n’avait même pas été conclu directement avec le mouvement UNIS, mais avec la Fondation UNIS, une (sorte de) organisation caritative distincte qui n’est enregistrée que depuis un peu plus d’un an. Il n’a pas d’actifs significatifs et aucune historique prouvé; il semble que la raison du recours à un organisme de bienfaisance distinct était de minimiser le risque de responsabilité pour le mouvement UNIS.

Le fait que la Fondation UNIS aurait empoché environ 43,5 millions de dollars pour distribuer le reste de l’argent fait cligner des yeux, surtout lorsque le Canada a déjà une armée de fonctionnaires qui se sont révélés tout à fait capables de distribuer l’argent des contribuables. Des histoires parallèles, de nouveaux angles et des «notes de bas de page d’intérêt» semblent surgir tout au long du parcours. Plus on fait un examen minutieux, plus il faut expliquer. Décrivons certains des aspects inquiétants de cette affaire pour avoir une vue d’ensemble:

  • La décision de confier les 912 millions de dollars à la Fondation UNIS a été prise non pas par la fonction publique, comme le prétendait à l’origine M. Trudeau, mais par le Cabinet libéral. M. Trudeau et le Ministre des Finances Bill Morneau ont tous deux participé à la décision, bien que tous deux aient manifesté des conflits d’intérêts. Les membres de la famille de M. Trudeau ont été des conférenciers rémunérés lors d’événements organisés par le mouvement UNIS. La mère du Premier Ministre, Margaret Trudeau, a reçu 250 000 $ pour 28 discours et son frère Alexandre a reçu 32 000 $ pour huit discours. Les deux filles de M. Morneau travaillent pour l’organisation. Le Premier Ministre et le Ministre des Finances se sont tous deux excusés (après que ces détails ont été révélés). Les deux ont dit qu’ils auraient dû se récuser. Cela commence à être un modèle: violation éthique. Exposition. Excuses. Réitération. Le premier manquement notable à l’éthique concernait l’acceptation de vacances en famille (détails de sécurité et tout) sur l’île privée de l’Aga Khan. Le deuxième coup de pinceau avec le commissaire à l’éthique découle des nombreuses questions sur l’entente de faveur avec la firme québécoise SNC-Lavalin et sur le soupçon de falsification du Ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould.
  • Le Premier Ministre a menti sur les détails de l’accord avec la Fondation UNIS. Chaque fois qu’un élu ment au public qu’il prétend représenter, cela devrait déclencher la sonnette d’alarme. Le Premier Ministre a d’abord déclaré que les membres de sa famille n’avaient pas reçu d’argent pour prendre la parole lors des événements d’UNIS. C’était un mensonge. Il a dit que la fonction publique avait pris la décision. C’était aussi un mensonge. Au début de son premier mandat, M. Trudeau a promis la transparence au cabinet du Premier Ministre. Cette affirmation a perdu son charme. Les Canadiens devraient pouvoir faire confiance à leurs élus pour dire la vérité. Ils ne devraient pas avoir à deviner les motifs et les excuses des dépenses publiques douteuses.
  • L’allocation de fonds à la Fondation UNIS (annulée depuis) et les plans de décaissement contenaient des détails très généreux et très négligés. Par exemple, un incitatif a été proposé pour récompenser les enseignants des écoles publiques qui ont réussi à recruter 75 élèves ou plus pour le programme - un incitatif de 12 000 $! Quels autres organismes de bienfaisance ont accès aux écoles publiques de cette manière? Et pourquoi les enseignants, déjà payés pour éduquer les jeunes Canadiens, devraient-ils recevoir une autre cuillerée de dollars des contribuables pour inciter ces mêmes élèves à sauter dans le chariot d’argent!
  • L’utilisation de l’argent des contribuables pour attirer les faveurs des jeunes alors qu’ils passent à l’âge de voter est troublante. Cette subvention de près d’un milliard de dollars n’est que l’une des façons dont ce Premier Ministre a utilisé l’argent des contribuables pour influencer l’opinion publique de manière partisane. Depuis deux ans maintenant, le programme Emplois d’été Canada subventionne les emplois d’été par le biais d’entreprises et d’organismes de bienfaisance; seules les organisations qui approuvent les politiques libérales en matière de sexualité et d’avortement doivent faire la demande. Une autre utilisation flagrante de l’argent des contribuables pour promouvoir les politiques libérales a été l’octroi de 595 millions de dollars à certains médias d’information en difficulté - encore une fois, limités aux seules sources d’information qui soutiennent les politiques socialement libérales. Cela s’ajoute au milliard de dollars et plus qui est versé chaque année à notre radiodiffuseur public de gauche, la Société Radio-Canada.
  • Une autre question que je n’ai pas entendue est la suivante: où exactement dans le monde tous ces étudiants «volontaires» allaient-ils être placés? Avec même la frontière canado-américaine fermée à tous sauf les services essentiels et des quarantaines de 14 jours en attente pour ceux qui voyagent à l’extérieur du pays, l’idée de mobiliser une armée de jeunes pour se rendre dans des pays étrangers pour «construire des écoles, améliorer les systèmes d’eau, etc.” semble être un défi de taille en 2020. Dans de nombreuses régions du Canada, en particulier dans les réserves autochtones, il existe des interdictions spécifiques aux visiteurs de l’extérieur des communautés. Le Premier Ministre a promis 9 milliards de dollars (avec un «m») pour aider les étudiants à faire face aux déficits liés à la COVID. . . mais si les 912 millions de dollars affectés à la Subvention canadienne pour services aux étudiants visaient vraiment à engager les étudiants dans le service bénévole, 2020 n’aurait pas été l’année pour l’essayer. Certains ont dit que payer les étudiants comme bénévoles signifierait qu’ils travaillaient pour moins que le salaire minimum. D’autres encore (y compris de nombreux étudiants et députés socialistes) pensent que l’argent devrait contourner les intermédiaires et aller directement aux étudiants sous forme de bourse. Bien sûr, il n’y a pas de pot de surplus d’argent qui n’attend que d’être distribué. Chaque dollar en discussion est emprunté.

Outre les préoccupations énumérées ci-dessus, le 22 juillet, un autre détail troublant est apparu: le Ministre des Finances Bill Morneau a «soudainement réalisé» qu’il aurait dû rembourser les 41 366 dollars que le mouvement UNIS avait dépensés pour les voyages de sa famille au Kenya et en Équateur. Il les a remboursés ces derniers jours. Qu’est-ce que c’est?

Le gouvernement du Canada a perdu son chemin. Utiliser l’argent des contribuables emprunté aux générations futures pour payer des stratagèmes mal pensés conçus pour combler les nids personnels et partisans de ceux qui sont actuellement au pouvoir est éthiquement incohérent. Selon le Dr Jordan Peterson, «la non-vérité corrompt l’âme et l’État, et une forme de corruption nourrit l’autre».

Ceux qui prennent les types de décisions mentionnés ci-dessus portent des œillères éthiques. Seul un retour aux valeurs morales historiques du Canada peut restaurer la vision et la sagesse nécessaires pour éviter le scandale, la faillite et l’effondrement moral. Pour aider à ramener ce pays aux valeurs justes sur lesquelles il a été fondé, veuillez rejoindre le PHC.



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