CHP

Commentary

Le Premier ministre devrait-il démissionner?

jeu. juin 6, 2019 | Auteure: Peter Vogel

Après le témoignage de l'ancien ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould la semaine dernière, le chef de l'opposition officielle, Andrew Scheer, a appelé le premier ministre Trudeau à démissionner. Cela semblait être la décision la plus logique à prendre. Le respect de l'état de droit est en jeu, et personne ne devrait prétendre être au-dessus de la loi.

 Cette saga a maintenant conduit à la démission de la ministre du Trésor, Jane Philpott , et a fait jaser plus que toute histoire passée. Le fait que les canadiens soient engagés (et enragés) est encourageant. C'est un gros problème.

 Alors, M. Trudeau va-t-il perdre son poste de Premier ministre du Canada? Pas automatiquement ; il n'y a pas de mécanisme pour forcer un député à démissionner à moins qu'il soit reconnu coupable d'un acte criminel. D'accord, mais avec tout l'embarras, les démissions et les rumeurs qui courent, le premier ministre démissionnera-t-il seul?

 Il n’est pas possible de prédire l’avenir sur cette question, mais cela ne semble pas probable. Jusqu'ici, comme beaucoup de politiciens, il semble penser qu'il peut encore s'accrocher au pouvoir malgré le scandale. Cela sape l'image qu'il essayait de présenter ; celui d'un politicien plus gentil et meilleur qui ferait les choses différemment et n'utiliserait pas les anciennes méthodes.

Sa personnalité projetée a créé des « engagements » retentissants en faveur du féminisme et de la réconciliation avec les peuples autochtones. Maintenant que le témoignage d'une femme autochtone l'a mis en mauvaise posture, a-t-il fait les choses différemment et s'est-il excusé? Non, il l'a dénigrée et a cherché à discréditer son témoignage.

 La loyauté a ses limites. Même ses proches ne lui font plus confiance. La présidente du Conseil du Trésor, l'honorable Jane Philpott, démissionnaire, a déclaré qu'elle avait perdu confiance dans le Premier ministre et dans son traitement de la question. Quelques jours auparavant, la députée Celina César-Chavannes avait annoncé qu'elle ne chercherait pas à être réélue ; bien qu'il n'y ait pas de lien officiel, le timing est curieux. Et n'oubliez pas que c'était une autre députée, Leona Alleslev, qui était manifestement passée dans l'autre camp l’année dernière. On s’interroge vraiment sur le genre de féministe que représente Trudeau pour qu'autant de femmes perdent confiance en lui.

 Alors, avec tous ces évènements inquiétants, devrions-nous joindre notre voix à celle d’Andrew Scheer et demander au premier ministre de démissionner? Pas nécessairement.

 Pourquoi pas? La démission de M. Trudeau laisserait intact le réseau de corruption qu'il avait contribué à créer, mais cela pourrait donner aux canadiens la fausse impression que le problème a été résolu. Certains penseraient qu'une fois après le départ du chef de parti en disgrâce, la majorité libérale restante fera les choses correctement. Ce serait une grave erreur.

 La dénonciation actuelle de la corruption est utile, mais les démissions à ce stade n'annulent pas les torts causés au Canada par le gouvernement Trudeau. Lorsque nous examinons toutes les autres questions, nous devons nous rappeler que la plupart, sinon tous ces ministres et députés se sont montrés coopératifs ou ont aidé jusqu'à présent. Ils étaient (presque) tous d'accord avec des budgets très déséquilibrés, des frontières ouvertes, de la marijuana légalisée à des fins récréatives et une assistance au suicide (pour n'en citer que quelques-uns). Ce sont aussi des scandales, des scandales moraux, qui auront des effets à long terme.

 M. Trudeau ne mérite pas de rester Premier ministre, et le reste de son parti ne mérite pas de continuer à gouverner. Nous devrions être sceptiques quant à la « solution rapide » de la démission du Premier ministre ; cela pourrait permettre à un chef libéral plus fort, non touché par le scandale de SNC-Lavalin, de mener le Parti libéral à l'élection de l'automne. Les libéraux, et particulièrement Trudeau, devraient porter cette honte lors des élections. Les électeurs devraient avoir la possibilité de le tenir pour responsable.

 Cette question est loin d'être terminée. L’ancien secrétaire principal de Trudeau, M. Gerald Butts, a également démissionné, mais pas pour des raisons nobles ; il témoignera cette semaine et donnera certainement une version des événements différente de celle de Mme Wilson-Raybould. Plus d'explications  suivront. Les canadiens doivent se rappeler le témoignage clair et concis de Mme Wilson Raybould, contrairement au « discours politiques » de la majorité des députés du gouvernement libéral qui n'ont pas encore quittés les rangs du premier ministre.

 Quand les mensonges sont dévoilés, quand la vérité prévaut, même le gouvernement peut changer! Nous devons présenter la vérité et offrir une alternative responsable à cette situation de corruption. Nous croyons que l’intégrité et l’acceptation de la vérité sont absolument essentielles à la bonne gouvernance. Si vous êtes d’accord, continuez à  soutenir le PHC ; si vous n’êtes pas encore membre, rejoignez-nous ici et aidez-nous à rétablir la liberté, la moralité biblique et la justice dans le gouvernement canadien.

 Certaines personnes ont besoin de voir à quel point cela peut devenir grave avant de faire quoi que ce soit à ce sujet. Soyons reconnaissants aux médias qui en disent la vérité.



Other Commentary by Peter Vogel: