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Qui se soucie de la liberté de la presse?

March 8, 2022 | Auteure: Vicki Gunn   |   Le volume: 29    Le numéro: 10   |   Share: Gab | Facebook | Twitter   

Notre Charte Canadienne des Droits et Libertés (CCDL) garantit aux Canadiens que la liberté de la presse est l'une de nos libertés fondamentales. Vous souvenez-vous de l'indignation en 2018 lorsque le Parti libéral au pouvoir a versé 595 000 000 $ sur 5 ans dans certains médias?

Oserons-nous demander « Pourquoi ? » ou « Qui s'en soucie? » si les médias obtiennent un renflouement ? Les constructeurs automobiles ont été renfloués par notre gouvernement, en utilisant l'argent des contribuables. Les compagnies aériennes ont été renflouées, en utilisant l'argent des contribuables. Pourquoi pas les médias?

Revenons à ce que l'histoire nous a appris; quels sont les avantages d'un média libre?

Notre gouvernement fédéral nous informe : « Le Canada croit fermement que la liberté des médias demeure un élément important des sociétés démocratiques et essentielle à la protection des droits de la personne et des libertés fondamentales. Les gens ont besoin de médias libres pour leur fournir des informations précises et des analyses éclairées afin de demander des comptes aux gouvernements. »

Donc, si nous avons besoin des médias, pourquoi nous opposerions-nous à ce que le gouvernement injecte de l'argent dans certains médias?

Nous n'avons qu'à regarder la couverture médiatique du convoi de la liberté d’Ottawa 2022 pour une réponse immédiate à cette question. Le New York Times avait des journalistes à Ottawa, filmant la police procédant à des arrestations à main armée des camionneurs qui manifestaient pacifiquement. Les preuves présentées par les comptes vidéo sont irréfutables. Nous pouvons tous le voir.

Mais Radio-Canada, qui a reçu 1,4 milliard de dollars de l'argent des contribuables l'année dernière, a ensuite contesté les preuves vidéo avec des déclarations telles que « . . . une rhétorique fausse et incroyablement dangereuse. » Mais, nous pouvons regarder les vidéos et voir que plutôt qu'une « rhétorique dangereuse, » c'est la vérité telle qu'elle est vue, filmée et rapportée par un média qui n'a pas reçu l'argent du contribuable canadien.

Nous pourrions prétendre que les Américains ne comprennent tout simplement pas nos habitudes canadiennes. Fox News a rapporté les commentaires enregistrés sur vidéo du chef de la police d'Ottawa. « Si vous êtes impliqué dans cette manifestation, nous chercherons activement à vous identifier et à vous poursuivre avec des sanctions financières et des poursuites pénales, absolument. Cette enquête va durer des mois. » Le commentateur de Fox News a déclaré: « Ce sont des représailles. » La plupart des médias canadiens lui ont donné un laissez-passer gratuit.

Mais avec le gouvernement ayant clairement articulé l'importance de la liberté des médias pour la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les médias sont-ils libres lorsque leur pain et leur beurre dépendent du gouvernement ? Il y a un gouffre entre la réponse des médias indépendants ci-dessus, « Ce sont des représailles, » et les médias dépendants qui la laissent passer sans commentaire.

Mais nous pouvons aussi le soustraire aux yeux du public et mettre la même situation dans nos maisons. Si vous êtes employé par la société fictive XYZ et que vous vous rendez compte qu'ils font quelque chose de mal, mais que votre emploi par la Corporation XYZ achète à votre famille de la nourriture, un logement, des vêtements, des vacances, etc., pensez-vous:

  1. Fermer les yeux sur le problème?
  2. Prendre le temps de réfléchir à votre meilleure action?
  3. Les Signaler rapidement aux autorités?

C'est là que le caoutchouc prend la route ! Lorsque le gouvernement verse une somme d'argent importante à l'employeur d'un journaliste et que le travail du journaliste consiste à signaler quelque chose que le gouvernement fait mal, le signale-t-il ? L'ignore-il ? Même si le journaliste le rapporte, les médias publieront-ils l'histoire négative alors que leur survie dépend des fonds publics ? Il y a un conflit d'intérêts et nous ne pouvons donc jamais être sûrs de la véracité des informations qu'ils rapportent.

Si nous revenons à la rédaction de notre gouvernement fédéral citée ci-dessus, « . . . liberté des médias. . . [est] essentielle à la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales. » Ensuite, nous devons nous demander quel rapport protège le mieux « les droits de l'homme et les libertés fondamentales » et quel rapport contient un parti pris qui doit être apaisé lorsque votre pain et votre beurre dépendent du gouvernement.

Nous sommes toujours prompts à juger la Russie ou la Chine à ce sujet, mais nous n'avons plus de médias grand public indépendants. Au lieu de cela, nous avons des médias indépendants qui n'ont pas reçu de fonds du gouvernement mais qui sont souvent empêchés de faire des reportages, et nous avons les médias grand public qui peuvent avoir accès et des fonds pour faire des reportages mais dont les conflits d'intérêts entraînent des reportages biaisés.

Si nous regardons à nouveau la rédaction du gouvernement fédéral, nous avons besoin d'un média libre pour nous fournir « . . . des informations précises et une analyse éclairée pour obliger les gouvernements à rendre des comptes. » Voilà le hic. Si le gouvernement paie le média, celui-ci protégera son financement et déclarera « ce qui est » comme étant « ce qui n'est pas ».

Vladimir Poutine a décrit le gouvernement ukrainien comme « . . . cette bande de toxicomanes et de néo-nazis. » Cela ressemble tellement à notre premier ministre décrivant les manifestants comme des « extrémistes », des « misogynes » et des « racistes ». La ressemblance vous donne des frissons ? Une presse libre et indépendante pourrait « demander des comptes aux gouvernements ». Mais un média contrôlé par l'État ne peut.

La liberté de la presse est reconnue par notre gouvernement comme essentielle, et pourtant, le gouvernement a acheté l'indépendance des médias, nous ne pouvons donc pas savoir avec certitude ce qui est vrai et ce qui n'est pas vrai dans leurs reportages.

Nous avons un héritage qui a cherché à protéger les Canadiens contre les incursions du gouvernement dans nos droits et libertés. Cela inclut la liberté de la presse de suivre l'histoire et d'en faire rapport, où que cela les mène. C'est un patrimoine à préserver.

Joignez-vous au PHC du Canada aujourd'hui.



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