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Le «libéraliste» des scandales

mar. octobre 27, 2020 | Auteure: Peter Vogel   |   Le volume: 27    Le numéro: 43

Combien de scandales libéraux récents et de violations éthiques pouvez-vous citer? Le scandale SNC-Lavalin, le scandale UNIS (et ses nombreux mini-scandales connexes), le scandale « Blackface », le scandale des vacances sur l’île Aga Khan, et peut-être quelques autres? La liste est de plus en plus longue et compliquée.

Presque perdu dans le remaniement des scandales qui font la une des journaux, celui-ci doit être regardé de plus près: un adepte du Parti libéral, François Landry, qui travaillait au cabinet du ministre de la Justice, s’est plaint à ses supérieurs de la manière dont les juges étaient nommés. Et (croyez-le ou non) la CBC a effectivement rapporté à ce sujet!

Pour donner un peu de contexte, cela s’est produit après que Jody Wilson-Raybould ait quitté ce même bureau et ait critiqué le gouvernement (à plusieurs reprises) pour la pression politique qu’il avait exercée sur elle pendant son mandat de Ministre de la Justice. Avec cela en arrière-plan, on peut espérer que ce bureau sera particulièrement attentif à éviter les violations de l’éthique à l’avenir. Mais cette dernière plainte raconte une autre histoire.

Le processus de nomination des juges n’est pas particulièrement à la une au Canada la plupart du temps; en fait, on en parle rarement (combien de juges actuels de la Cour suprême du Canada pouvez-vous nommer? Combien ?). Parce que c’est tellement hors de vue, hors de l’esprit, la préoccupation soulevée au sujet du processus de nomination pourrait bientôt être oubliée - mais elle ne devrait pas l’être.

Dans quelle mesure devrait-il être important qu’un juge ait été membre du Parti libéral? Participé aux activités du Parti libéral? Donné au Parti libéral? Le cabinet du Premier Ministre voulait que le cabinet du Ministre de la Justice n’ignore pas ces considérations importantes… en vérifiant «Liberalist» (la base de données du Parti libéral) pour les activités passées des juges potentiels. Ce n’étaient pas les seules vérifications des antécédents; sans aucun doute, il a également été tenu compte des antécédents juridiques et académiques des candidats potentiels et d’autres questions vraiment importantes. Mais la plainte de M. Landry concernant les préoccupations qui seraient soulevées par la pression d’inclure des considérations politiques partisanes dans le processus ne doit pas être ignorée. Ce qu’il faut rechercher chez les juges, c’est l’impartialité et la compréhension de la loi, pas l’implication politique.

Un autre scandale, plus banal, récemment mis au jour, est celui où un contrat gouvernemental a été attribué à (surprise!) une entreprise appartenant à un ancien député libéral. Le contrat était pour des ventilateurs médicaux pour la COVID-19. Certes, dans le cours normal de l’offre et de la demande, un ancien parlementaire n’est pas forcément exclu des marchés publics, mais cela soulève la question du favoritisme politique dans l’attribution de ce contrat. Cependant, ce n’est pas le seul problème; le gouvernement a payé en trop pour ces ventilateurs à hauteur de 10 000 $ - l’unité! Et ils ont fait la commande de 10 000 d’entre eux, nous laissant, nous les contribuables, avec une dépense de 100 millions de dollars de plus que ce qu’ils auraient dû coûter! (Et ils ne seront probablement pas nécessaires pour COVID-19.)

La semaine dernière, lorsque nous craignions des elections, des doutes se sont soulevés par le fait que les libéraux ont présenté une motion conservatrice pour former un comité dans un vote de confiance. Le comité proposé aurait examiné comment l’argent était dépensé pour les mesures COVID-19 - et le scandale UNIS - ainsi que plusieurs autres dépenses contestables, y compris les ventilateurs coûteux. Former un comité pour examiner quelque chose n’est pas aussi difficile pour le Parlement dans ce contexte minoritaire; tous les autres partis semblaient convenir que les dépenses des libéraux devaient être revérifiées. Les libéraux, cependant, tout en insistant sur le fait qu’ils n’avaient rien à cacher, ont décidé que la formation d’un tel comité aurait montré un manque de confiance dans le gouvernement - et ils ont donc fait du vote une question de confiance (ce qui signifie que s’il avait été adopté, nous aurons été contraints à une élection).

Tactiquement, c’était un geste brillant. Alors que les autres partis voulaient que le comité soit formé, ils ne voulaient réellement pas d’élections. Les conservateurs et le Bloc étaient prêts à prendre le risque et ont quand même voté pour la motion, mais le NPD a prétendu que les Canadiens ne voulaient pas d’élections et ont voté avec les libéraux.

Même si une élection n’aurait pas été idéale à bien des égards, une surveillance supplémentaire des dépenses folles des libéraux était et est nécessaire. De nouvelles informations sur le scandale UNIS sont apparues de temps en temps, mais le plus souvent, les questions posées se heurtent à des répliques peu claires et inutiles (pas des réponses).

Il devient difficile d’écrire sur la politique canadienne sans faire référence aux scandales libéraux. À l’heure actuelle, ils ne semblent pas s’inquiéter d’une élection. Mais ne devraient-ils pas l’être? Qui voterait pour eux après avoir vu tous ces scandales et violations éthiques? Malheureusement, selon les sondages réguliers, trop de Canadiens le feraient encore, à moins que…

Le défi pour chacun de nous est de montrer à nos concitoyens que notre gouvernement utilise l’excuse d’une pandémie pour dépenser et trop dépenser d’une manière contraire à l’éthique. À partir de là, nous devons expliquer que l’intégrité est ce qui manque. À partir de là, nous devons arriver au fondement de la véritable intégrité - les principes bibliques. Cela vous mènera, et nous l’espérons eux aussi, au PHC. Pour devenir membre du PHC, allez sur www.chp.ca/fr et rejoignez!



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