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Commentary

Une autre convention conservatrice, une autre tentative ratée de faire du PCC un parti pro-vie

03 Février, 2026   |   Auteur: Rod Taylor   |   Le volume: 33    Le numéro: 5  
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Rod TaylorLe week-end dernier, le Parti Conservateur du Canada (PCC) a tenu son congrès à Calgary. Sans surprise, nombre de nos amis pro-vie au sein du PCC ont œuvré activement à la promotion de ce congrès et ont exhorté les militants pro-vie de partout au pays à se rendre à Calgary pour soutenir l’adoption de politiques pro-vie qui guideraient le PCC s’il venait à obtenir la majorité à la Chambre des communes.

De même, comme prévu, les résolutions pro-vie présentées ont été rejetées par la majorité des délégués. Immédiatement, les fidèles pro-vie du PCC ont fait remarquer : « Ces résolutions ont été rejetées de justesse… si seulement 62 pro-vie de plus s’étaient déplacés, nous aurions pu gagner ! »

Techniquement, c’est vrai. Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement dans le contexte d’un éventuel gouvernement conservateur dirigé par Pierre Poilievre ? Lors de ce congrès de trois jours, M. Poilievre a remporté haut la main le vote de leadership, obtenant 87,4 % des suffrages exprimés. Ce résultat n’a surpris personne. Les délégués du Parti Conservateur du Canada (PCC) ont manifesté leur enthousiasme pour leur chef et lui ont attribué d’excellentes notes pour son discours de vendredi soir. Pour ceux qui espèrent faire du PCC un parti pro-vie, le soutien indéfectible dont bénéficie M. Poilievre devrait inciter à la réflexion. Soutenir Pierre Poilievre et promouvoir des politiques pro-vie sont deux choses contradictoires. Mais cette contradiction philosophique ne semble pas perturber nos amis pro-vie qui s’accrochent encore au Parti Conservateur, y voyant le vecteur qui, un jour, adoptera des lois pour protéger la vie humaine innocente. Cet espoir est illusoire, et l’histoire nous l’explique.

Avant sa victoire à la direction du parti en 2022, Pierre Poilievre a clairement affirmé son soutien à l’avortement et au mariage homosexuel, des positions qu’il a réitérées à maintes reprises depuis. En 2024, après avoir réprimandé le député pro-vie Arnold Viersen pour ses prises de position sur l’avortement et le mariage homosexuel, le chef conservateur a déclaré : « Les propos de M. Viersen ne reflètent ni mon opinion ni celle du parti sur l’avortement ou le mariage homosexuel… », et qu’un futur gouvernement conservateur n’aborderait pas ces sujets. Il a ajouté : « Comme le stipule depuis des années notre programme politique, adopté par les membres du parti, “un gouvernement conservateur ne soutiendra aucune loi visant à réglementer l’avortement”. »

Les résultats des résolutions politiques lors du congrès de 2026 ont confirmé le statu quo. Une résolution demandant explicitement l’abandon de la position du parti sur l’avortement a été rejetée. Une autre résolution, qui réclamait la protection juridique des bébés « nés vivants après un avortement raté », a également été rejetée.

Si les militants pro-vie du parti se lamentent en disant : « Il nous manquait juste quelques personnes pro-vie de plus au congrès… », la réalité est tout autre. Lors du vote du 10 septembre 2022 qui a porté Pierre Poilievre à la tête du Parti Conservateur du Canada (PCC), il a obtenu 68,1 % des voix au premier tour, sur un total de 295 285 votes. Les députés votants savaient quelle était sa position sur les questions sociales… ou du moins, ils auraient dû la connaître. Il l’avait clairement exprimée lors des débats. Les membres du PCC auraient pu voter pour Leslyn Lewis, une députée respectée, attachée à des principes constants en faveur de la vie et de la famille. Ils ne l’ont pas fait. La forte majorité qui a choisi M. Poilievre l’a fait soit parce qu’elle partage ses opinions, soit parce qu’elle privilégie le pouvoir aux principes.

Je reconnais que M. Poilievre est éloquent, vif d’esprit et qu’il a une voix forte lors des débats à la Chambre des communes. Il est capable de mettre les députés libéraux sur la défensive et de maintenir la pression grâce à des répliques cinglantes et des commentaires pertinents. Ces qualités étaient et sont appréciées.

Mais tout cela importe peu tant qu’il soutient le massacre de millions de bébés et l’érosion continue de la famille traditionnelle par le mariage homosexuel et les maux qui y sont associés. Le Dieu qui nous a créés à son image n’est pas sensible aux discours enflammés ni aux manœuvres partisanes. Il nous appelle à protéger la vie humaine innocente en toutes circonstances. Sans sa bénédiction, aucun politicien ne peut rien accomplir. Sans sa bénédiction, aucun gouvernement canadien ne pourra instaurer la prospérité, assurer la sécurité de nos villes, éliminer la dette nationale ni endiguer le fléau des surdoses de drogue.

Je partage l’avis des conservateurs : le gouvernement Carney est sur la mauvaise voie. M. Carney et son prédécesseur, M. Trudeau, ont considérablement aggravé la situation, affaibli l’économie, fait grimper l’inflation, manqué à leur devoir de protéger nos frontières et semé la division parmi nos citoyens. Le fait que les Canadiens leur aient accordé un nouveau mandat – certes faible – en dit long sur la façon dont la propagande médiatique financée par l’État et un système d’éducation sous influence ont perverti la perception du public et influencé le choix des électeurs. Mais nous ne pouvons pas vaincre et remplacer l’establishment corrompu en prétendant que l’avortement et la destruction de la famille traditionnelle sont acceptables. Dieu ne le voit pas ainsi.

Quelques autres observations intéressantes concernant le mouvement « conservateur, » aux niveaux fédéral et provincial : Danielle Smith, Première Ministre de l’Alberta, a offert son soutien à M. Poilievre. Lors du congrès, elle a déclaré que Pierre était « un champion de nos convictions. » Ce faisant, elle reconnaît sa propre position pro-avortement, une position tolérée par les sympathisants de son Parti Conservateur Uni (PCU). Jason Kenney, ancien chef du parti, a ajouté à ses commentaires sur le leadership de Pierre Poilievre une surprenante « critique positive » de son discours au congrès. Tout en faisant l’éloge du chef du Parti Conservateur du Canada (PCC), il a estimé que le discours aurait dû s’attaquer plus fermement aux « menaces posées par le président Trump. » Apparemment, l’approche agressive de Mark Carney, qui a engendré un tel sentiment anti-américain et pro-européen au Canada, est, selon M. Kenney, une stratégie qui servirait bien le Parti Conservateur lors des prochaines élections. Je ne partage pas cet avis ; je suis d’ailleurs stupéfait qu’une personne de l’expérience de M. Kenney puisse emprunter cette voie.

Tout cela pour dire que les Canadiens ont besoin de représentants qui privilégient les principes au pouvoir et qui défendent la vie humaine innocente malgré les sondages d’opinion manipulés. Chapeau bas aux députés du caucus du PCC qui ont courageusement affirmé leur engagement envers les principes pro-vie, malgré les politiques de leur parti et le manque de soutien de leur chef. La députée Cathay Wagantall (Yorkton—Melville) se distingue. Durant son mandat, elle a présenté trois projets de loi d’initiative parlementaire, tous trois visant à sensibiliser le public au sort des enfants à naître et des femmes enceintes. Que Dieu la bénisse pour cette prise de position morale.

Le Parti de l’Héritage Chrétien n’a pas à voter sur les résolutions pro-vie lors de ses congrès triennaux, car tous ses membres y sont déjà favorables. Notre politique prône la « protection de la vie humaine innocente de la conception jusqu’à la mort naturelle. » Si vous n’êtes pas encore membre, vous pouvez nous rejoindre sur www.chp.ca/fr/.

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